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Ski exploration en Péninsule Antarctique

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Voyage 2010

 


Expédition Ski exploration en Péninsule Antarctique
Voyage du mois de janvier 2010


Prochain départ - Janvier 2011


  

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Le projet

Au retour de Géorgie en 2007, après avoir réussi la traversée Shackleton, nos envies se tournent vers la péninsule Antarctique. En effet les moments uniques que l’on vient de vivre sur les montagnes de Géorgie du Sud nous ont donnés envie de replonger dans les mers du grand Sud et d’aller découvrir ses immenses glaciers plongeant dans la mer.

Pas d’aéroport, pas de route, c’est l’isolement le plus total, le monde du bout du monde. Sur cette péninsule les îles, fjords, morceaux de banquise et d’icebergs s’enchevêtrent.  Les montagnes s’élèvent parfois à presque de 3000 mètres au dessus de la mer. La faune aussi est unique : otaries, éléphants de mer, baleines, manchots… Sans doute l’une des plus spectaculaires régions au monde.

En 1914, Sir Ernest Shackleton part tenter la traversée du continent Antarctique. En mer de Ross son bateau « l’Endurance » est pris dans les glaces, puis broyé. L’équipage se réfugie alors sur l’Ile de l’Eléphant. Shackleton décide de rallier les stations baleinières de Géorgie du sud à la recherche de secours ; dans une petite chaloupe, avec cinq compagnons, ils accostent sur la rive Nord-Ouest de l’île. Les bases se trouvant de l’autre côté, ils sont obligés de traverser l’immensité glaciaire de Géorgie. L’équipe au complet rentre indemne de ce périple qui dura deux années. Modèle de courage mais aussi de gestion humaine, le récit de Sir Ernest Shackleton est à lire absolument !

Notre expédition se propose d’aller skier en péninsule Antarctique sur les nombreux sommets bordant l’île de l’Eléphant. Skis de randonnée et pulkas nous permettront de pénétrer en plein cœur de ce territoire sauvage. Le bateau nous servira de camp de base et de moyen de locomotion pour explorer les îles…

Le bateau : Podorange

Sloop en acier de 67 pieds (20 mètres) de 1996. Ancien vainqueur du BT Global Challenge (tour du monde contre vents et courants, en équipage et avec escales) en 1997.
Robuste, solide et marin, « Podorange » offre les meilleures garanties en termes de sécurité et de confort.
Ses 43 tonnes, ses 280 m² de voilure et son moteur de 135 chevaux nous permettront d’étaler toutes les mers, même les plus dures.

Parfaitement adapté pour les régions polaires, ce voilier offre toute la sécurité (certification MECAL) et le confort requis pour des expéditions et des croisières dans les régions australes. Il dispose d’une forte autonomie et d’une grande capacité d’accueil (12 personnes).
Le couchage se fait en cabine double / lit individuel superposé
ultra-confort en mer. Le bateau compte deux salles de bain toilettes, faciles d’utilisation.

Le grand carré peut accueillir tout l’équipage à la fois. En terme d’équipement, nous offrons la possibilité à nos équipiers de recharger leurs différentes équipements électroniques (portable, téléphone, appareil photos, etc.).

Brice Monégier du Sorbier et Hervé Olagne, tous les deux 30 ans, sont des passionnés !
Pendant trois ans, ils ont navigué autour du monde à bord d’un petit voilier, Kifouine, et parcourus 41 000 milles. Ils ont ainsi acquis une grande expérience de la navigation.
Leur périple les a menés en Terre de Feu dont ils sont tombés amoureux. Brice est ensuite parti en Péninsule Antarctique pour préparer le voyage de 2010.

L’aventure hors du commun qu’ils ont menée avec 45 jeunes adultes handicapés (7 escales communes, réalisées autours du monde) leur a permis d’acquérir une solide expérience dans l’organisation.
De leur aventure, ils ont tiré un livre : « Kifouine, un tour du monde en soliDaire » (Le Cherche Midi Editeurs).

Un peu d'histoire...

La conquête du pôle Sud…

Pendant longtemps, l’Antarctique était considéré comme faisant partie d’un seul continent austral englobant Terre de Feu, Australie et Nouvelle-Zélande. Cook, lors de sa deuxième expédition australe en 1773, franchit par trois fois le cercle polaire et atteint la latitude record de 71°S. Il note la présence d’une profusion de baleines ce qui entraîne de nombreux pêcheurs aventureux dans ces mers au début du 19ième siècle.

En 1823, la chasse aux phoques amène James Weddell dans la mer qui porte aujourd’hui son nom jusqu’à la latitude de 75°S. James Clarke Ross est le premier à oser s’aventurer au milieu des glaces flottantes en 1840 et atteint l’île de Ross à 77°S, nouveau record et point de départ favori des expéditions à venir… Durant la deuxième moitié de ce siècle, la connaissance de ces régions ne progresse guère, les baleiniers qui hantent les mers du Sud s’arrêtent prudemment à la lisière des glaces flottantes.

Le premier hivernage austral n’a lieu qu’en 1898 par le Belge Adrien de Gerlache. On note parmi les membres de l’expédition un jeune marin Norvégien, Roald Amundsen. Les Anglais décident alors que le point le plus méridional de la planète doit être atteint et chargent Scott de cette mission. En 1901, il s’embarque à bord du Discovery avec un jeune officier de 26 ans : Ernest Shackleton.

Le 31 décembre 1902, Scott est obligé de faire demi-tour, l’équipe étant en manque de nourriture et Shackleton atteint par le scorbut.

Commence alors une course effrénée en direction des Pôles : 1909, victoire présumée de l’Américain Peary au Nord ; 1911, Amundsen atteint le Pôle Sud un mois avant Scott, qui meurt d’une manière tragique au retour à moins de 20km d’un dépôt de vivres.

Un climat redoutable

Les températures de l’Antarctique sont en moyenne de 15°c inférieures à celles rencontrées aux mêmes latitudes de l’Arctique. La sensation de froid est accentuée par les fameux blizzards qui soufflent presque constamment avec une violence inconnue sur le reste de la planète.

Traverser les mers qui bordent ce royaume des glaces et du vent n’est pas une mince affaire quand on rencontre des vagues de trente mètres et des icebergs pouvant recouvrir deux fois la Corse…

L’expédition Shackleton de 1914

Shackleton a tout juste 40 ans et une bonne expérience du Sud polaire. Si sa première expédition (1901) en compagnie de Scott est un échec, l’accueil que lui réserve l’Angleterre à son retour est triomphal. Le 7 août 1907, Shackleton met le cap au Sud sur le Nimrod et débarque sur l’île de Ross. L’expédition atteint le pôle magnétique (88°23’) lorsque Shackleton décide de rebrousser chemin à moins de 180 km du pôle géographique, à court de nourriture. Le retour s’avère particulièrement pénible mais l’expédition a tout lieu de se féliciter au retour au camp de base le 28 février 1909. La presse Britannique fait une large place à cet exploit ; Shackleton est anobli par le roi.

La victoire de Peary au Nord, d’Amundsen au Sud et la mort tragique de Scott incitent les Britanniques à relever la tête et à tenter un nouveau coup d’éclat. La traversée du continent de part en part…

Le plan de l’expédition est ambitieux : rejoindre la mer de Weddell pendant le printemps austral de 1914 puis parcourir 2900 km à travers l’Antarctique en traineau pour rejoindre la mer de Ross, en passant par le pôle…

Deux bateaux sont nécessaires, un pour chaque mer. L’Aurora ira en mer de Ross, son équipage est chargé de faire des dépôts de vivre pour le groupe mené par Shackleton au départ de la mer de Weddell. Il quitte la Tasmanie le 24 décembre 1914.

Shackleton quitte l’Angleterre le 8 août 1914, quatre jours après la déclaration de la guerre, sur l’Endurance, au nom prédestiné.

En mer de Weddell

Après une escale à Buenos Aires, l’Endurance touche la Géorgie du Sud le 5 novembre 1914 et en repart un mois plus tard pour la mer de Weddell. Un temps anormalement froid interdit à l’Endurance de toucher la terre. La bateau se fait prendre par les glaces et devient officiellement une station hivernale le 24 février 1915. 

Partie de foot sur la banquise

A la fin de l’hiver austral en août 1915, les glaces flottantes commencent à exercer des pressions énormes sur le bateau. Le 26 octobre, Shackleton ordonne de débarquer canots, traîneaux et vivres sur la banquise. Le 27, l’équipe abandonne l’Endurance qui sera broyé par les glaces dans les jours qui suivent.

Le projet de Shackleton est alors de rallier en marchant le dépôt de vivre de Snow Hill, situé à 480 km sur la banquise. Le 30 octobre 1915, le groupe se met en route mais abandonne le 1er novembre devant l’énorme difficulté de la progression. L’idée est alors d’attendre la formation d’une brèche dans la banquise : « Ocean Camp » est créé.

Le 9 avril 1916, après 156 jours passés sur la banquise, la glace se fend, les hommes embarquent sur les trois canots de sauvetage. Pendant cinq journées épouvantables, affamés et assoiffés, gelés jusqu’au os et incapables de dormir, ils luttent contre les vagues, les températures glaciales, les glaces flottantes dans des canots et des vêtements recouverts de glace. Finalement, à l’aube du 14 avril, l’île de l’Eléphant est en vue, plusieurs hommes sont aux portes de la mort !

Shackleton décide alors de tenter de rejoindre la Géorgie du Sud sur le plus gros des canots pour aller chercher du secours.

Le James Caird au départ de l’île de l’Eléphant pour la Géorgie du Sud

Le 24 avril, accompagné de 5 compagnons, il quitte l’île de l’Eléphant pour 17 jours de traversée ; gelés, trempés jusqu’au os, leur bateau ballotté en tous sens subissant en continu d’énormes vagues, recouverts de givre, chaque jour ressemble à un cauchemar horrible et glacial. Une énorme vague est à deux doigts de les engloutir, ils subissent un violent ouragan qui fait sombrer un gros steamer.

Les adieux sur l’île de l’Eléphant

Finalement, le 10 mai 1916, ils réussissent l’impossible en débarquant en Géorgie du Sud après avoir parcouru 1300 km sur l’océan Antarctique dans un minuscule bateau.

Mais l’aventure n’est pas terminée. Débarqués du « mauvais côté » de l’île, ils n’ont d’autre choix que de traverser à pieds les montagnes de Géorgie du Sud recouvertes de glaciers. Le 19 mai, Shackleton et deux compagnons laissent derrière eux le monde connu et partent pour 42 km de glace et de roche non cartographiées. Trente six heures plus tard, trois hommes en loques surgissent du cœur de l’Antarctique dans la station baleinière de Stromness…

Le lendemain matin, les trois hommes restés de l’autre côté de l’île sont secourus mais il faut attendre le 30 août 1916 pour que la navire Yelcho puisse atteindre l’île de l’Eléphant. A leur arrivée à Punta Arenas, le 3 septembre, ils sont accueillis par 8000 personnes. « Tous sains et saufs ! Voilà une épopée dont le monde se souviendra » titre le Herald de Buenos Aires. La fête continue ainsi pendant plusieurs semaines, partout où ils vont. L’échec triomphal de Shackleton fait la une des journaux.

En mer de Ross

Alors que des températures anormalement froides pour la saison bloque l’Endurance, une vague d’air tiède s’étend sur la mer de Ross, ramollissant la neige et empêchant les traîneaux de progresser vers le pôle. Au début de l’année 1915, l’équipe parvient à déposer des vivres jusqu’à 80°S.

S’il n’était pas revenu à l’automne 1915, Shackleton avait demandé que d’autres dépôts soient construits près du glacier de Beardmore.
C’est pourquoi l’Aurora n’est que partiellement déchargé le 7 mai 1915 quand, sous l’effet d’un effroyable coup de vent, il rompt ses amarres et se met à dériver dans la nuit.
Les dix hommes alors à terre supportent difficilement l’hiver mais effectuent leurs travaux printaniers, en augmentant les dépôts de provisions.
Trois hommes perdent la vie et les survivants souffrent de faim et de froid dans des conditions identiques à celles rencontrées sur l’île de l’Eléphant.
Les sept rescapés sont finalement secourus le 10 juin 1917 par Shackleton sur l’Aurora.

En 1922, l’infatigable aventurier s’embarque sur le Quest afin d’explorer la terre d’Enderby. Le 4 janvier, il jette l’ancre en Géorgie du Sud où il s’était promis de passer une soirée en compagnie des pêcheurs qui l’avaient recueillis quelques années auparavant. Rentré seul à bord, il est terrassé par une crise cardiaque…

Un rocher dominant la mer signale aujourd’hui sa tombe, aux portes de l’Antarctique.

La Péninsule Antarctique

La péninsule se situe plus ou moins dans la continuité des Andes de l’Amérique du sud. Elle est très montagneuse, ses plus hauts pics atteignent 2800 mètres, les glaciers se déversent dans la barrière de Larsen.

Le climat est le plus doux du continent Antarctique (0 à 5°C en été, -20 à -10°C en hiver).

Les Argentins, Britanniques et Chiliens revendiquent la propriété de ce territoire. Cependant, comme le reste du continent, il tombe sous le traité de l’Antarctique et aucune des revendications n'est actuellement reconnue.

La découverte de la péninsule Antarctique n'est pas connue mais semble avoir lieu dans les années 1820.

Le premier hivernage Antarctique a lieu le long de sa côte ouest par plus de 71° de latitude sud (expédition Antarctique belge de 1897-1899, à bord du trois-mâts Belgica commandé par Adrien de Gerlache de Gomery).

La désignation de la péninsule dépend des pays. Jusqu'en 1964, elle est appelée « péninsule de Palmer » aux États-Unis et « terre de Graham » au Royaume-Uni, date à laquelle un accord est trouvé entre les deux pays : la terre de Graham désigne désormais la partie de la péninsule au nord d'une ligne reliant le cap Jeremy au le cap Agassiz, la péninsule de Palmer désignant la partie au sud.

Au Chili, elle est officiellement baptisée « terre de O'Higgins », du nom de l'homme politique chilien. Les autres pays hispanophones l'appellent « Península Antártica », y compris l'Argentine (qui la désigne parfois par « Tierra de San Martín »), qui y possède plus de stations de recherche et plus de ressortissants que n'importe quel autre pays.

Le traité de l’Antarctique :

Il est signé le 1er décembre 1959.  Son objectif principal est de s’assurer dans l’intérêt de toute l’humanité que l’Antarctique continuera à être employé exclusivement à des fins pacifiques et ne deviendra ni le théâtre ni l’enjeu de différents internationaux.

Le Traité met en veilleuse les revendications territoriales des signataires sur l'Antarctique. En aucun cas la signature de ce traité ne signifie la renonciation d'un État à ses droits ou revendications de souveraineté sur le continent.

Seules les activités pacifiques sont autorisées en Antarctique. Le Traité établit un cadre d'échange d'informations, de personnel scientifique, d'observations et de données concernant les activités réalisées par les signataires sur le continent.

Toutes mesures de nature militaire et non pacifistes y sont interdites. Ainsi, l'usage des bases à des fins militaires est prohibé. La réalisation d'essais nucléaires est interdit, tout comme le dépôt de matériel radioactif.

Il existe un système d'inspection ouvert à toutes les parties du traité. Les observateurs peuvent se rendre dans toute station ou tout coin de l'Antarctique (au sud du 60e degré de latitude sud) pour vérifier que les activités humaines sont menées conformément aux principes du traité sur l'Antarctique.
 

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