Dîner de fête hier soir :
gigot d'agneau argentin de 8 kg cuit au four, farandole de légumes aux petits
oignons (et aux gousses d'ail of course), c'est le plat favori du capitaine
paraît-il, far aux pruneaux, vins argentins, nous nous sommes affalés dans nos
bannettes vers 23 h plein surtout de gratitude pour Caroline qui nous avait
préparé cette surprise.
Podorange était amarré sur une
vieille épave qui s'est échouée là il y a près d'un siècle. Les strerns que nous
y avons dérangés nous l'ont fait bruyamment comprendre en criant tous avec une
virulence qui ne laissait aucun doute sur l'interprétation que nous devions
faire de leur accueil.
5h30 ce matin, le bateau
largue les amarres, quitte le continent pour rejoindre en deux heures un nouveau
mouillage au nord de Brabant Island. Nos affaires de ski de randonnée sorties la
veille de leurs sacs trépignent d'impatience d'en découdre et c'est vers 8 h que
le Zodiac nous débarque. Un comité de manchots et de phoques nous accueille avec
placidité : aucune peur ni par conséquent d'agressivité ne semble ressenties de
leur part. Le spectacle est splendide composé d'une multitudes de nuances de
gris qui donnent aux icebergs, à Podorange, devant nous, aux séracs et aux
crevasses derrière nous, un relief et une luminosité fascinants.
Sans nous arracher au
spectacle qui est permanent, nous nous arrachons à nos contemplations pour
entamer non sans une excitation certaine notre première randonnée en terres
Antarctique. Nous nous sommes équipés chaudement d'au moins quatre couches pour
affronter... une grosse chaleur ! Aucun vent, une réverbération intense, les
couches sont enlevées au fur et à mesure que nous progressions en altitude, vers
un sommet que les géographes n'ont pas jugé utiles de nommer, en raison
probablement de son altitude peu élevée puisqu'il culmine à 1065 m. Mais
l'altitude n'est pas tout, la distance est une autre donnée que nous avons pu
mesurer à due proportion de la transpiration évacuée. Notre rythme de
progression, sans être spectaculaire est soutenu et assez homogène entre nous.
Ludo ouvre la marche, Thierry ferme celle-ci, et les rôles seront inversés pour
la descente qui nous a, sur la plus grande partie du parcours enchantés : neige
un peu carton en haut, puis ferme mais douce en surface par la suite. Et
toujours et encore, pardon de cette redondance et de cette emphase, une vue,
particulièrement au cours de la descente, à vous couper le souffle.
Brice nous attendait sur une
petite plage de galets noirs entourée du glacier surplombant et nous nous
retrouvons vite sur Podorange pour y boire une petite "mousse" et raconter aux
gens de la mer ce que nous avons vécu sur terre. Déjà nous sommes repartis pour
un nouveau mouillage, non sans avoir été saluer un léopard des mers, redoutable
prédateur, qui se prélassait sur son petit iceberg personnel.
Se doucher, panser quelques
petits bobos, lire, écrire, écouter Chopin ou Michael Jackson, ou dormir peut
être quelques instants, voilà notre programme pour les heures qui viennent,
tandis que Podorange file à bonne allure, mais au moteur, vers le lieu de nos
prochaines découvertes.

On vous présente l'équipage : Julian, Brice, Caro et Hervé

Notre mouillage, Enterprise, l'épave sur laquelle sera amarré Podorange

Brice s'en frotte les mains à l'avance : la bête ne lui résistera pas. A
nous non plus...

Embarquement pour le premier débarquement sur terre Antarctique

Vous cherchez un renseignement ?

Première à droite et deuxième à gauche !

Refrain connu, terre inconnue. A gauche au fond, le sommet du jour

Podorange dans son écrin blanc, bleu, gris

Comme tous les léopards, celui-ci ne vous veut pas que du bien !
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