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Expédition Ski exploration en Péninsule Antarctique

11 janvier - Transition


  

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Si, pour les skieurs de randonnées, les journées de transition –annoncées tout au moins comme telles par les guides- sont parfois redoutables parce qu’elles signifient en réalité qu’on ne sait tout simplement pas ce qui va s’y passer, celle d’aujourd’hui est conforme à son appellation. Nous cherchons des sites de débarquement entre îles et archipels pour nous débarquer à l’endroit le plus propice afin de tenter, le moment venu, le Mont Français.  Mais nous n’en sommes pas encore là… Si nous n’avons pu trouver le site en question, toutes les baies se révélant aussi somptueuses que constituées d’une concentration infranchissable de growlers et d’icebergs, nous nous sommes remplis les yeux à satiété de vues étonnantes et toujours aussi émouvantes de plénitude. Il faut rappeler que nous bénéficions en ce lieu géographique du jour permanent et nous profitons de ce cadeau pour prolonger sans limites nos séquences natures et animalières.

Ainsi un léopard des mers, digérant sans doute sa chasse du jour, a eu la surprise (bonne ou mauvaise ?...) de notre visite prolongée. Sa tête d’iguane, sa bouche encore badigeonnée de sang frais, ses dents dont il a tenu à nous faire admirer la finesse et la longueur en l’ouvrant si largement que le message délivré était clair, nous ont simplement fascinés. Sur son cou on pouvait voir des traces profondes d’une morsure encore toute sanguinolente comme en témoignait d’ailleurs son lit de glace, tacheté de rouge.  

Hier soir une autre séquence encore plus irrésistible nous a profondément émus et retenus près de deux heures sur le pont : quelques dizaines de baleines, dont certaines accompagnées de leur baleineau, se nourrissant du krill dans la péninsule.  Autour de Podorange elles s’étaient comme données rendez vous, et nous ont offert un ballet majestueux que leur masse rend celui-ci véritablement incroyable. Il existe ainsi des spectacles que l’on croit connaître sans les avoir jamais vus de nos yeux vus, parce que maints films et documents les montrent à satiété, et qui lorsque l’on a la chance d’y être véritablement vous enchantent et vous sidèrent encore plus que tout ce que vous aviez pu imaginer ! Quelle agilité, quelle grâce, on dirait qu’elles émergent de l’eau au ralenti, ouvrent parfois leurs immenses bouches comme pour filtrer l’énorme quantité d’eau qu’elles contiennent afin de ne retenir dans leurs fanaux que le krill dont elles se nourrissent en abondance. Puis lentement elles replongent et leurs magnifiques queues aux dessins géométriques parfaits, de couleur blanche d’un côté, noire de l’autre, les propulsent vers les profondeurs auxquelles l’homme rêve. A peine l’une avait disparu que des puissants jet d’eau pulvérisée s’élevaient ici puis là, comme si elles entendaient nos applaudissements et nos « bis ». Que dame nature soit remerciée et préservée !

Merci aussi à l’équipage qui sait nos attentes et  se met en mille sans cesse pour les satisfaire.

La fébrilité règne parmi nous sur le bateau car nous préparons nos sacs pour les deux jours à venir, pendant lesquels nous ne pourrons communiquer. Nous débarquons en effet demain, emportant avec nous tentes, sacs de couchage, vivres, pour réaliser l’ascension du Mont Parry, déjà évoqué, situé sur l'île Brabant, si toutefois la météo, très incertaine et jamais durable ni dans un sens ni dans un autre, nous y autorise. Les différentes informations que nous recevons semblent confirmer une fenêtre météo possible et donc nous partons. Les choses plus sérieuses commencent donc comme en témoigne le poids des sacs. Il ne nous est en effet pas possible de tirer les pulkas, car la pente est raide et commence dès le bord du glacier.

Au revoir le confort douillet du bateau qui équipé d’un chauffage très performant (toutes les cabines bénéficient d’un radiateur, ainsi bien sûr que le carré), d’une cuisine encore plus performante et d’une épatante cuisinière-navigatrice expérimentée (concurrente de la mini-transat).

Merci aussi à vous de nous lire !


On dirait que cette baleine et son baleineau rient à gorges déployées. Du plaisir de nous voir ?


Ce n'est qu'un au-revoir


Gorge déployée, oui, assurément pour une menace


Blessé, le léopard des mers demeure méfiant et dangereux


Alwin au moulinet pour hisser Vincent en haut du mât


Etrange animal sculpté par le vent et le soleil


Le sommet en arrière plan, notre objectif pour les deux prochains jours
 

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